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William Cherbonnier, Terra Nova : "le travail de sensibilisation est de plus en plus facile, il suffit de montrer aux gens la réalité"
lundi 21 avril 2008 par Aurore*

William Cherbonnier, vous êtes Président de l’association Terra Nova, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste l’association et comment tout a commencé ?
Terra Nova est une association née en Mai 2005 à Angers, suite à un échange entre son premier président, Christophe DENIAU, et des citoyens togolais. Le problème de la non-gestion des déchets à Lomé, capitale du Togo, a poussé à l’envie de créer une association dénonçant ce problème sanitaire et environnemental. De retour en France, dans son Anjou natale, Christophe a réuni ses amis pour monter une association, dont les objectifs se sont rapidement élargis à la sensibilisation et l’information des citoyens à l’ensemble des problèmes environnementaux de notre planète. Terra Nova était né… Pour développer une conscience environnementale chez les citoyens, Terra Nova a mis en place de nombreux projets depuis 3 ans. Je ne les détaillerai pas tous mais il s’agit d’un magazine d’information, Lignes d’Horizons, de plusieurs cycles de conférences en milieu rural et dans les universités, d’accompagnement environnemental de certains événements (portes ouvertes, festival music, etc.), et de la mise en place d’un superbe site Internet, dont je fais ici un peu de pub : www.lignesdhorizons.org
Et quand êtes-vous devenu président ?
Je suis dans l’association depuis ses débuts, d’abord trésorier, puis rédacteur en chef du magazine. En Juin 2007, Christophe est parti en Guinée pour participer à un projet de préservation de chimpanzés. Ils doivent réaliser le plus grand relâché de chimpanzés adultes en mai ou juin 2008 ! Du coup, j’ai repris la présidence de l’association, et nous avons par exemple lancé en mars 2008 une série de débats entre les candidats aux municipales d’Angers.
Et qu’est devenu le projet au Togo ?
Dans le même temps que nous montions Terra Nova en France, la mise en place d’une association se développaient au Togo. Mais le rythme en Afrique et en France n’est pas le même, si les activités se mirent peu à peu en place, il a fallu attendre la fin de l’année 2007 pour que l’association togolaise soit officiellement crée, sous le nom de Terra Nova Togo. Les deux associations portent le même nom, car c’est celui imaginé dès le début, et surtout les deux associations se veulent Jumelles. On se concentre toutes les deux sur la sensibilisation, et nous essayons d’échanger sur un plan d’égalité.
Les projets et les outils de sensibilisation et d’éducation sont-ils différents en Europe et en Afrique ?
Je ne connais pas directement les conditions en Afrique, seuls deux membres de Terra Nova sont partis au Togo. Mais j’ai été étonné de voir que finalement, après un développement un peu différent, Terra Nova France et Terra Nova Togo développent les mêmes types de projets. Terra Nova Togo par exemple organise des animations dans des collèges et lycées de Lomé, ils sont en relation avec des associations de quartier. Ils développement actuellement un projet de jardin public, et nous mettons en place un Jardin Bio dans l’agglomération d’Angers. Ils ont voulu créer un annuaire des assos environnementales togolaises, et nous avons créés sur Angers RACINES, un Réseau d’association environnemental. Seul les moyens financiers et la reconnaissance administrative sont différentes. Le projet d’un Ligne d’Horizons Togo ne peut se faire faute de moyens, et il semble beaucoup plus compliqué de monter une asso au Togo (ils ont mis 2 ans !), et surtout d’être reconnus dans ses activités (l’annuaire des assos n’a pu se faire car cela aurait pu offenser les administrations en charge).
Et comment, selon vous, sensibiliser au mieux à l’environnement ?
Les questions environnementales sont de plus en plus présentes dans les médias, mais aussi dans l’esprit des gens. Cela vient du fait que certains dangers que les écologistes dénoncent depuis 10 ou 20 ans commencent à devenir concret (fonte des glaciers, hausse de l’essence, augmentation des chaleurs estivales, déforestation, etc.). Finalement le travail de sensibilisation est de plus en plus facile, il suffit de montrer aux gens la réalité de ce qui se passe un peu partout. Il faut faire comprendre, par tous les moyens, à chaque citoyen les risques environnementaux, futurs ou présents, et surtout leur répercussion sur le quotidien de tous, en Europe comme Ailleurs.
Un développement durable doit prendre en compte l’environnement. Aussi, pour avoir plus d’impact, cette action doit être soutenue par les élus et les industriels. Comment favoriser un dialogue entre ceux-ci et les citoyens ?
Nous tentons depuis le départ de mettre en place des échanges entre citoyens et décideurs (politiques ou économiques). Mais cela n’est pas toujours évident. Nous avons par exemple utilisé les municipales pour interpeller les politiques angevins sur des problèmes locaux. Mais je pense aussi, que peu à peu les élus et industriels seront de plus en plus sensibles à l’environnement, comme le sont déjà de plus en plus les citoyens. Et au niveau local, il ne faut pas hésiter à s’investir dans les activités de nos villes ou nos communes. Nous avons le droit (et le devoir) de participer aux politiques menées autour de nous. Dans ma petite commune par exemple, j’ai rejoint l’équipe municipale pour faire passer au mieux mes idées, et me voilà depuis peu Adjoint à l’Environnement ! Un bon moyen pour moi, mais aussi pour l’asso, de mettre en pratique les idées et alternatives que nous prônons depuis 3 ans !
Parmi ces idées, vous développez dans l’association l’éducation auprès des enfants par le biais d’un jardin pédagogique et biologique. Quelle est votre opinion concernant le biologique ? Et son avenir, selon vous ?
Dans Terra Nova nous utilisons le « Bio » comme un symbole d’agriculture alternative. Nous disons : « voilà comment nous pouvons produite en respectant l’environnement ! voilà ce que des hommes et des femmes ont pu mettre en place pour être en accord avec leurs idées ». Dans le jardin, nous expliquons le respect des végétaux, des saisons, des éco-systèmes, etc. Mais le Bio n’est pas une fin en soit, le but est de produire, dans l’agriculture comme ailleurs, en respectant l’environnement, et surtout en étant conscient des répercussions de cette production. Il est impossible de ne produire et consommer que du Bio. Que faisons- nous du reste alors ? Le plus important, à mon seul et humble avis, est de revoir notre mode de consommation : d’éviter les productions intensives ; d’arrêter le gaspillage et le jetable ; et de reconcevoir nos chaînes de production au niveau local. Je préfère en fait consommer local et artisanal que consommer Bio.
Quels projets pour Terra Nova ? Cela dépendra un peu du nombre de bénévoles dans l’association. Nous sommes en phase de recrutement. Donc si des Angevins veulent nous rejoindre ! Nous continuons en tout cas le magazine, le jardin Bio, et le site Internet : www.lignesdhorizons.org. Nous nous investissons aussi beaucoup dans le Réseau Angevin RACINES (www.racine49.org), pour coordonner les actions des différents assos, pour répondre à leur besoin, et pour essayer de monter sur Angers un Centre Inter Associatif où les citoyens pourront trouver des infos, des projets, des alternatives.
Et puis beaucoup d’idées et d’envies : animation scolaire ou parascolaire, conférences, exposition, randonnée, etc. Encore de beaux projets en perspective donc !
Voir aussi
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